l'avant scène cinéma

The holy boy

Nouvel espoir du cinéma de genre italien depuis maintenant quelques années, Paolo Strippoli progresse régulièrement sans tout à fait confirmer les espoirs qu’une industrie, en quête d’un sauveur depuis bien des années maintenant, place en lui. The Holy Boy arrive enfin en France, un an après sa sortie italienne et presque au même moment que la projection à Venise de son nouveau long-métrage. Le récit prend place dans un village reculé, où un ancien champion de judo en plein deuil vient enseigner, et y découvre un adolescent muni d’étranges pouvoirs dont profite toute la communauté. L’œuvre mêle son argument fantastique et horrifique avec une évidente dimension religieuse, interrogeant l’idée même de dévotion ainsi que la figure du messie. Le lieu de l’action, avec ses habitants isolés et ses cultes secrets, renvoie bien évidemment à la grande tradition du folk horror, dont The Wicker Man reste le totem. Mais, loin de l’ambiance inquiétante mais aussi festive de ses modèles anglais, The Holy Boy prend place dans un espace désolé et presque désincarné, transformant ses décors en zones brumeuses, vides et froides, dans lesquelles seule surnage la figure du garçon sacré, avec les dangers ainsi posés. Peut-être que le cinéaste filme ainsi la question d’un monde sans dieu, avec une certaine efficacité dans la peinture d’un univers vidé. C’est d’ailleurs précisément quand le rythme s’accélère, de manière visuelle et narrative, que l’œuvre perd le fil de sa cohérence. Strippoli demeure un cinéaste talentueux, mais son grand film reste à venir.

Film italien de Paolo Strippoli, avec Michele Riondino, Romana Maggiora Vergano, Roberto Citran. 2h 02 m. Sortie le 2 septembre 2026.

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