l'avant scène cinéma

Les Misérables 

Peu de livres ont suscité autant de commentaires, d’engouement, d’admiration, et de fait autant d’adaptations cinématographiques que Les Misérables, de Victor Hugo. Paru en 1862, alors que notre homme était toujours en exil, pour cause de détestation du Second Empire, ce roman-fleuve est, il est vrai, tout autant un manifeste politique et un marqueur de son temps qu’une œuvre littéraire. De fait il est autant de visions du livre que d’admirateurs, et les adaptations sont au final des plus variées. Nous nous sommes il y a peu passionnés pour la version de Claude Lelouch, aussi passionnante qu’iconoclaste. Le film signé par Fred Cavayé est évidemment beaucoup plus dans les marques habituelles de l’adaptation des chefs d’œuvre de la littérature. Le film possède en fait bien des qualités. Outre celle de donner à voir (la tentation de respecter chaque ligne du dialogue au pied de la lettre aurait été préjudiciable), il parvient (presque) à faire oublier l’enjeu (se confronter à Hugo) pour livrer un film vivant (avec de belles scènes d’action) avec des personnages forts mais jamais taillés dans le marbre… Vertu supplémentaire, le film réussit sans jamais être scolaire à exprimer le caractère intemporel du plaidoyer de Victor Hugo pour davantage de bienveillance, de solidarité entre les êtres, de don de soi, de justice sociale… De ce point de vue, nous sommes au cœur de l’actualité…

Yves Alion

Film français de Fred Cavayé (2026), avec Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe. 2h56.

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