Le cinéma s’est rarement aventuré à représenter cette période mal connue de l’Histoire de France, la Fronde, qui a vu le pouvoir royal chanceler au mitan du XVIIè siècle. On se souvient néanmoins de La Reine et le Cardinal, un joli téléfilm en deux parties, réalisé par Marc Rivière. Dont l’objectif premier était de raconter, au cœur de la tourmente, l’histoire d’amour (supposé) entre Anne d’Autriche et le cardinal Mazarin. Le film que nous propose aujourd’hui Michel Leclerc n’a pas la même ambition pédagogique et la crise politique n’est ici qu’une toile de fond. Comme son titre l’indique, c’est Louis XIV qui nous intéresse. Leclerc prend prétexte du désordre historique pour imaginer pour le jeune souverain une jeunesse très romanesque. Au cours de laquelle il croise le chemin de D’Artagnan (très fat), de Cyrano de Bergerac (dont le désespoir et le dévouement finissent par nous émouvoir), de Molière et de sa troupe… Et le futur roi-soleil de prendre goût à la scène, avant de succomber au charme d’une jeune fille accorte et melliflue.
Michel Leclerc occupe une place bien à lui dans le cinéma français, celui d’une sorte de chansonnier qui aborde tous les sujets sociaux et politiques du moment, ceux qui fâchent de préférence, en mettant les rieurs de son côté avec un savoir-faire de prestidigitateur. Avec Les Caprices de l’enfant-roi il effectue bien sûr un pas de côté… Que nous ne saurions une seconde lui reprocher… Son film est bon-enfant, pétillant, le rire qu’il provoque est généreux et parfois subtil. Le règne de Louis XIV n’a pas tours été un motif de réjouissance, le film de Michel Leclerc, si…
Yves Alion
Film français de Michel Leclerc (2026), avec Artus, Julia Piaton, Nemo Schiffman. 1h55.