Il y a des blessures que l’on tente d’étouffer sous les rires, les excès ou les promesses d’un lendemain meilleur. Garance est une jeune comédienne qui avance dans la vie avec l’énergie de ceux qui refusent de regarder leurs blessures en face. Le film accompagne ses déménagements, ses rencontres, ses amours, ses fêtes, ses échecs et ses espoirs. Au fil de ce parcours, l’alcool s’installe dans son quotidien jusqu’à devenir un refuge autant qu’un poison. Jeanne Herry compose ainsi le portrait d’une femme en perpétuel mouvement où se mêlent désir, amitié, sexualité et autodestruction. Le film souffre parfois d’une construction inégale et de quelques maladresses narratives. Pourtant, malgré ces fragilités, Garance est un film d’une grande sincérité, qui refuse de réduire son héroïne à son addiction. Cette sincérité repose en grande partie sur la prestation d’Adèle Exarchopoulos. L’actrice trouve un équilibre particulièrement délicat dans l’incarnation de l’ivresse. Sans jamais forcer les effets ni sombrer dans la caricature, elle fait exister les contradictions de son personnage à travers un regard fuyant, un sourire trop grand ou une hésitation presque imperceptible. Elle donne à voir une femme qui nie son mal-être tout en réclamant sans cesse l’amour et l’attention des autres. Une femme incapable de comprendre l’origine de sa douleur mais profondément consciente de son besoin d’être aimée. Oscillant constamment entre désir de vivre pleinement et pulsion d’autodestruction, Garance dessine le portrait sensible d’une héroïne qui avance à tâtons. Un film habité par une humanité qui lui permet de toucher juste.
Myriam Burloux
Film français de Jeanne Herry (2026), avec Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, Sarajeanne Drillaud. 1h45.