l'avant scène cinéma

Comète

Comète s’inscrit dans une tradition cinématographique où le phénomène céleste sert moins à annoncer une catastrophe qu’à révéler les existences, de Melancholia à Don’t look up. Dans ce film choral, les destins se croisent, certaines âmes se rencontrent tandis que d’autres s’éloignent. Les liens qui les unissent sont ténus, mais tous semblent en quête d’un sens, d’une direction à donner à leur vie. L’idée imaginée par Élie Wajeman est séduisante. En faisant du passage d’une comète dans le ciel parisien le point de convergence de plusieurs trajectoires, le cinéaste explore la manière dont un même événement peut modifier le regard que chacun porte sur son existence. Peu à peu, l’astre s’impose dans le quotidien des personnages : ils l’observent, l’attendent, s’y attachent presque, comme si cette présence silencieuse veillait sur eux et offrait un repère dans leurs incertitudes. Pourtant, cette belle promesse peine à trouver son accomplissement. Le récit manque de structure et plusieurs personnages demeurent à l’état d’esquisses, sans véritable épaisseur ni ancrage émotionnel. Malgré la menace diffuse que pourrait incarner cette comète, la tension dramatique ne s’installe jamais réellement. Les séquences s’enchaînent davantage par juxtaposition que par nécessité, laissant le spectateur passer d’une histoire à l’autre sans que ces chemins ne finissent par composer un véritable ensemble. Reste un film porté par une intention sincère, mais dont l’ambition dépasse néanmoins la force d’incarnation.

Myriam Burloux

Film français de Elie Wajeman (2026), avec Vincent Macaigne, Sandor Funtek, Alexia Chardard, Lou Lampros. 1h37.

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