l'avant scène cinéma

Une aube nouvelle

Explosion de couleurs pour ce premier long métrage signé par le cinéaste japonais Yoshitoshi Shinomiya, qui raconte la quête de Keitaro pour mettre au point un feu d’artifices mythique inventé par son père, le shuhari, censé représenter l’univers. Alors que l’usine familiale est sur le point d’être détruite pour laisser place à une route, le jeune homme est persuadé que la vision de ce spectacle pyrotechnique exceptionnel pourrait créer une mobilisation en sa faveur.

Sur une trame malheureusement assez classique, et que le film ne parviendra jamais réellement à transcender, Une aube nouvelle déroule un peu scolairement ses enjeux (intimes, écologiques et politiques) à travers des dialogues empesés et un mélange d’exagérations scénaristiques et de montagnes russes émotionnelles. Comme s’il fallait absolument stimuler le spectateur par la frénésie du rythme pour combler le manque d’ambition du récit. 

Heureusement, la direction artistique vient donner un peu de souffle à l’ensemble, grâce notamment à sa riche palette chromatique et au travail minutieux et détaillé sur les décors. La maison dans laquelle se passe l’action est ainsi un bâtiment étonnant, aux multiples niveaux, qui semble incarner l’esprit fantasque de son personnage principal. La nature joue aussi un rôle déterminant, omniprésente dans la demeure de Keitaro comme tout autour, laissant transparaître le véritable combat à l’œuvre entre une modernité qui écrase tout sur son passage, et une tradition d’artisanat et d’harmonie avec le vivant. Une opposition que le film se garde bien de résoudre, s’en remettant sagement à une sorte d’entre deux hélas un peu timide.

Marie-Pauline Mollaret

Film d’animation japonais de Yoshitoshi Shinomiya (2026) avec les voix de Riku Hagiwara, Kotone Furukawa. 1h16

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