l'avant scène cinéma

The Social Reckoning

On ne pourra pas dire que Aaron Sorkin n’a pas de suite dans les idées : c’est lui qui a écrit le scénario de The Social Network (de David Fincher) il y a seize ans. Un tableau un rien décapant de l’irrésistible ascension de Mark Zuckerberg et de sa créature, Facebook. The Social Reckoning y va quant à lui au bazooka pour dénoncer le cynisme répugnant de cet étudiant devenu milliardaire jouant les apprentis sorciers au nom du profit. Le film revient en effet sur l’histoire (absolument vraie) d’une cadre de Facebook devenue lanceuse d’alerte qui a permis au monde de connaître les magouilles de sa boite, manipulant les algorithmes pour mieux booster les contenus les plus haineux et complotistes. Le film n’y va pas par quatre chemins : l’assaut du Capitol de janvier 2021 a largement été facilité par les torrents de boue présents sur les réseaux sociaux. The Social Reckoning assume sa part de suspense (l’infiltrée va-t-elle être découverte ?) et un penchant romanesque (il fallait bien que les personnages soient incarnés), mais c’est peut-être l’image d’un Zuckerberg impénétrable et cassant qui nous reste en mémoire. Il est incarné par un Jeremy Strong habité (c’était déjà lui qui prêtait ses traits au sulfureux Roy Cohn, âme damnée de Trump dans The Apprentice). Mais au-delà, nous avons affaire à un très grand film politique, porté par Aaron Sorkin (à qui l’on doit déjà le percutant Sept de Chicago), dans la lignée des Hommes du président ou de Snowden. Les personnages à un moment citent Capra. La comparaison n’est effectivement pas absurde…

Yves Alion

Film américain de Aaron Sorkin (2026), avec Mikey Madison, Jeremy Allen White, Jeremy Strong. 1h52. 

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