Michael Sarnoski a pour le moment accompli un sans faute traditionnel dans un monde, le Hollywood des années 2020, qui ne l’est plus : un succès dans le cinéma indépendant (Pig, qui a relancé Nicolas Cage), un passage dans les grosses franchises (Sans un bruit 2) avant de tenter un film de genre ambitieux. Ce sera donc la légende de Robin des bois, revisité sur un mode crépusculaire, avec Hugh Jackmann pour prêter ses traits au vieux mythe. Le célèbre archer est placé dans un Moyen- âge étouffant de sauvagerie, et décrit comme un voleur violent, tourmenté qui ne donna jamais aux pauvres. Mais le film de cape et d’épée ne semble pas être la référence première. Que ce soient dans les thèmes, dans les choix de réalisation, c’est le fantôme des vieux westerns de Sam Peckinpah qui ressurgit ici. La violence sèche, coupée par d’imprévus moments d’humanité, la description de héros fatigués qui ne furent en fait jamais héroïques : tous ces éléments sont cités avec recueillement par un metteur en scène qui semble prendre lui aussi le Nouvel Hollywood comme point ultime de référence. Sarnoski fait preuve d’une vraie intelligente, notamment dans la construction de son récit opposant une violence sans issue dans sa première partie, finalement tempérée et commentée par l’humanisme de la deuxième. Tout cela est réussi mais un peu scolaire. Mais dans les prestations de Jackmann et de Jodie Comer, dans quelques plans évoquant l’enfer et le paradis, on peut sentir un regard et une voix originale, qui ne demande qu’à se libérer de ses chaînes cinéphiles un peu trop respectueuses encore.
Pierre-Simon Gutman
The Death of Robin Hood. Film américain de Michael Sarnoski (2026), avec Hugh Jackmann, Jodie Comer, Bill Sarsgard. 2h02.