l'avant scène cinéma

Le Héros de Berlin

Le mur de Berlin a été détruit en 1989. Depuis lors le cinéma ne semble pas avoir pris un plaisir intense à se remémorer les temps anciens de la RDA, la partie Est de l’Allemagne sous emprise soviétique. Deux films ont néanmoins eu un retentissement mondial. L’un, La Vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck, 2006) a pointé le caractère angoissant du régime, parano et liberticide. L’autre, Good bye, Lenin ! (Wolfgang Becker, 2003) a à l’inverse mis les rieurs de son côté en imaginant une famille est-allemande faire tout son possible pour que l’aïeule ne se rende pas compte de la chute d’un régime auquel elle s’était faite. C’est le même Wolfgang Becker qui revient aujourd’hui avec Le Héros de Berlin, où il poursuit avec une ironie mordante sa description des us et coutumes des Allemands de l’Est. Sous prétexte de célébrer le geste héroïque d’un employé de Berlin-Est qui a permis à plusieurs dizaines de passagers d’un train de passer à l’Ouest au temps du mur, le cinéaste dénonce les faux-semblants et l’hypocrisie du politiquement correct. Non pas par nostalgie (telle la grand-mère de Good bye Lenin !), mais pour signifier que l’opportunisme a joué plus encore que la nécessité de faire triompher le Bien dans la rouille du rideau de fer, et que les tenants de la Liberté n’étaient pas une majorité agissante. Si Le Héros de Berlin n’a pas la fluidité de Good bye Lenin, si certains effets comiques sont un peu laborieux, le film apporte du moins la preuve de la persévérance de son signataire (qui n’est pas natif de l’Est), même si elle va s’arrêter là : Wolgang Becker est mort avant même la sortie de son film !

Yves Alion

Der Held vom Bahnhof Friedrichstraße. Film allemand de Wolfgang Becker (2026), avec Charly HübnerChristiane PaulLeon Ullrich. 1h53.

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