La lumière ne meurt jamais
La lumière ne meurt jamais suit Pauli, flûtiste classique, de retour chez ses parents après une profonde dépression. Attendu lors d’un concert, il se révèle incapable de répéter, prisonnier d’un mal-être qu’il n’arrive pas à surmonter. Errant dans le village de son enfance, il retrouve Liris, musicienne aux pratiques radicalement opposées aux siennes. D’abord réticent, Pauli se laisse peu à peu gagner par cette musique expérimentale. La réalisatrice propose une approche poétique et musicale, où la mise en
scène épouse l’état intérieur de son personnage. Le poids des attentes, familiales, sociales, artistiques, pèse sur Pauli comme une injonction silencieuse : continuer à jouer, être à la hauteur, coûte que coûte. La musique classique, autrefois refuge, devient ici un espace presque étouffant. La rencontre avec Liris ouvre alors une brèche. À travers elle, le film explore la possibilité de créer autrement, loin des cadres académiques et des logiques de performance. Cette liberté agit comme un espace de respiration. Cette sensation d’immersion est renforcée par le travail sonore : la musique est enregistrée en live, lors de véritables performances. Les corps, les souffles, les hésitations, les accidents sonores font partie intégrante de l’expérience. La musique n’illustre pas les émotions, elle les traverse. Sans jamais forcer le trait, La lumière ne meurt jamais rappelle que ces liens qui se tissent quand on créé peuvent être une façon de survivre, une lumière fragile, vacillante mais qui perdure, tant qu’il reste une main tendue.
Myriam Burloux
Un film finno-norvégien de Lauri-Matti Parppei. 2025. Avec Samuel Kujala, Anna Rosaliina Kauno, Camille Auer, Kaisa-Leena Koskenkorva. 1h48.