Certaines histoires d’amour semblent hors du temps. In Waves raconte l’une d’elles avec une infinie délicatesse, transformant un récit intime en réflexion sensible sur la maladie et le deuil. Adapté du roman graphique d’AJ Dungo, il suit la rencontre entre AJ et Kristen, deux adolescents qui se reconnaissent immédiatement l’un dans l’autre. Lui vit à travers le dessin et le skateboard, elle à travers l’océan et le surf. Mais la maladie surgit. Kristen apprend qu’elle est atteinte d’un cancer, et le film bascule lentement vers autre chose : non plus seulement un récit amoureux adolescent, mais une méditation sur le temps, le corps et la fragilité de la vie. Ce qui frappe avant tout dans In Waves est sa pudeur. Jamais le film ne cherche à provoquer artificiellement l’émotion ou à appuyer la douleur de ses personnages. Tout passe par de petits gestes, des silences ou des regards. Cette retenue donne au récit une force particulière, laissant au spectateur l’espace nécessaire pour accueillir lui-même les émotions qui l’habitent. L’animation accompagne les états intérieurs des personnages avec une grâce infinie. Les couleurs se diluent parfois comme des souvenirs qui s’effacent. Certains plans ressemblent presque à des carnets intimes mis en mouvement. Le trait suit les mouvements de l’océan et les soubresauts des émotions. Plus qu’un simple choix esthétique, l’animation devient ici le langage même du film. Sans jamais céder au pathos, In Waves évoque la perte avec une infinie douceur. Une œuvre délicate et profondément émouvante qui avance à la manière d’une vague, discrète d’abord, avant de submerger peu à peu le spectateur.
Myriam Burloux
Film d’animation français de Phuong Mai Nguyen (2026), avec les voix de Lyna Khoudri, Rio Vega, Paul Kircher. 1h35