l'avant scène cinéma

 Evil Dead Burn

Le cinéma de genre français a ces dernières années, soyons honnêtes, multiplié les mauvaises expériences, ainsi que l’indifférence du public.  Raison pour laquelle Vermines fut une si bonne surprise : un vrai film d’horreur (d’araignées !) exécuté avec cohérence, classe, du fond, une distribution impeccable à tous les niveaux et, c’était presque inattendu, des vrais frissons d’épouvante. Bien évidemment, Hollywood a réagi en une minute et Sam Raimi en personne s’est jeté sur le prodige, Sebastien Vaniček, afin d’apporter sa « french touch » à la franchise Evil Dead. Voici le metteur en scène française face au défi américain, ayant englouti tant d’auteurs prometteurs. En s’entourant de son équipe habituelle, et d’une comédienne principale française, le réalisateur essaie probablement de se protéger et de conserver sa différence face à la machine impitoyable américaine ; sa réussite est, à ce niveau, en demi-teinte. Le cinéaste tente d’injecter un fond dramatique sérieux (les relations toxiques et violentes, en couple et en famille) à une série qui, profondément, a toujours reposé sur le style visuel bien plus que sur son concept, fort mince. Ce virage sérieux, à contrario du ton parfois franchement comique des films de Raimi, fut initiée par les volets précédents. S’il est louable, la caractérisation finalement sommaire des personnages l’empêche de décoller. L’horreur en elle-même semble sacrifiée au choc visuel. Le montage et la réalisation optent en effet pour un rythme intense, qui peut aussi apparaitre comme haché, brouillon, et finit un peu par minimiser (par son manque de clarté) les enjeux ainsi que, finalement, la peur. Vaniček avait su prendre son temps sur Vermines. Il est ici pressé, à la fois narrativement et visuellement, et cette hâte ne sert finalement que peu un long métrage efficace, mais en deçà des attentes placées en l’auteur.

Pierre-Simon Gutman

Film américain de Sébastien Vaniček (2026), avec Souheila Yacoub, Hunter Doohan, Luciane Buchanan. 1h51. 

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