Premier long-métrage d’Avril Besson, Les Matins merveilleux revendique une douceur qui pourra désarçonner autant qu’elle séduira. Là où d’autres films feraient du deuil un chemin semé d’épreuves, la réalisatrice préfère imaginer un monde où les rencontres réparent les blessures avec une simplicité assumée. Une approche résolument optimiste, loin d’être simpliste, qui constitue la véritable identité de ce beau film libre comme un été. Déjà remarquée avec Queen Size, nommé au César du court métrage 2025, la réalisatrice s’intéresse moins aux rebondissements qu’aux liens qui se tissent entre les êtres. Après la disparition du dernier membre de sa famille, Charlie entreprend un voyage où chaque échange devient une occasion de se reconstruire. India Hair prête à son héroïne une fantaisie délicate et une fragilité qui rendent son parcours profondément attachant. En déjouant au passage certaines conventions narratives, notamment autour des retrouvailles familiales, Avril Besson affirme son goût pour les trajectoires humaines plutôt que pour les effets dramatiques. La mise en scène ne manquera jamais d’audace, notamment dans une séquence de danse filmée à travers le reflet sur un écran de télévision qui est proprement troublante. Ainsi le montage, d’une grande fluidité, et la sincérité du regard porté sur tous les personnages (pas seulement les personnages principaux), donnent au film le charme discret d’une fable humaniste.
Yves Alion
Film français d’Avril Besson (2026), avec India Hair, Raya Martigny, Eric Cantona, Mathias Minne. 1h27.