L’an dernier à pareille époque, sortait Avignon qui prenait pour cadre la capitale mondiale des arts vivants. Cette année, c’est la maison de Molière, qui sert de décor à De la Comédie française. Deux films passés par le festival de l’Alpe d’Huez où ils ont décroché chacun quatre prix. Martin Darondeau et Bertrand Usclat suivent les dernières heures qui séparent les répétitions d’un spectacle de sa première représentation. Une course contre la montre ponctuée d’imprévus qui leur donne le loisir de réunir quelques-uns des plus beaux talents de la vénérable institution dans une comédie virevoltante mais perméable à l’air du temps. Au-delà de son scénario en guise de prétexte, ces chassés-croisés donnent à admirer l’excellence à l’œuvre, chaque rôle étant tenu par l’un des membres de la troupe dont la plupart sont aussi des vedettes de cinéma. À l’instar de Pauline Clément vue récemment en vedette d’Une fille en or, qui campe la metteuse en scène et a collaboré au scénario. De Guillaume Gallienne en gardien à Christian Heck en régisseur, et de Benjamin Lavernhe en Molière à Denis Podalydès en… Shakespeare (ne pas rater le générique de fin !), c’est la fine fleur de l’excellence qui donne un supplément d’âme à cette célébration collective dont l’une des plus grandes qualités consiste à ne jamais se prendre au sérieux en exaltant ce plaisir de jouer qui caractérise les membres de la Comédie Française et en fait des êtres d’exception. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse : ce film célèbre la valeur inestimable d’un trésor national devenu un patrimoine collectif.
Jean-Philippe Guerand
Film français de Martin Darondeau et Bertrand Usclat (2026), avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison 1h12.