Fred arrive tout droit de Suède pour intégrer, en année de terminale, un lycée technique de Trieste. Seule fille de sa classe, elle attire immédiatement les regards. D’abord mise à l’écart, voire malmenée par un groupe de garçons, elle finit par s’immiscer dans leur cercle, un trio jusque-là soudé. Peu à peu, les équilibres vacillent : les désirs affleurent, et ce qui relevait de l’amitié se trouble au contact des premiers élans amoureux. Avec Une année italienne, Laura Samani signe un deuxième long métrage qui, bien qu’adapté d’un texte de Giani Stuparich, porte en lui une dimension profondément intime, nourrie de ses propres souvenirs d’adolescence, et ancre son récit dans une temporalité sensible. Si le film emprunte parfois des chemins attendus, notamment dans le traitement du triangle amoureux, il parvient néanmoins à s’en affranchir par la vitalité de sa mise en scène. Le cadre, attentif aux corps et aux espaces, la musique, qui accompagne sans surligner, ainsi que l’énergie des jeunes comédiens, insufflent à l’ensemble un certain dynamisme. De cette chronique adolescente émerge alors une mélancolie diffuse : celle d’un moment de bascule, où tout semble encore possible, mais déjà menacé par le passage du temps. Samani capte avec délicatesse cette sensation insaisissable d’une époque qui s’efface au moment même où elle se vit.
Myriam Burloux
Un anno di scula. Film italien de Laura Samani (2026), avec Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi, Samuel Volturno. 1h42.