Le Nom des gens, le chef d’œuvre de Michel Leclerc, nous avait en son temps fait la surprise d’afficher Lionel Jospin à son casting, dans son propre rôle. Sauvons les meubles débute par une scène où c’est Benoit Hamon qui est sous les feux des projecteurs. Les socialistes ayant échoué à la présidentielle sont décidemment les bienvenus sur les écrans. La justification de la présence de l’ancien ministre de l’Education nationale, c’est la profession de Vimala Pons, photographe (très médiatique) de son état. Qui doit faire une pause dans sa fourmillante activité pour rendre visite à ses parents, sa mère étant au plus mal. Le séjour promet de durer plus que prévu quand il s’avère que le temps est venu d’aborder tous les sujets qui fâchent, alors que la tradition était plutôt jusque-là de glisser de concert la poussière sous le tapis. Exposé de cette manière, Sauvons les meubles n’incite pas à sourire. Et pourtant l’équilibre est parfait dans ce premier film entre une certaine fantaisie de surface (celle du père est absolue) et la gravité du propos. Le sujet de la passation d’une génération à celle qui suit, tant sur le plan économique que spirituellement est au cœur du débat. L’émotion est certes au rendez-vous, mais le film conserve une grâce et même une certaine légèreté de bon aloi. Il est vrai que Vimala Pons (moins relâchée et tourbillonante que d’ordinaire, à la limite du contre-emploi) est omniprésente. On l’a maintes fois applaudie dans des rôles d’appoint, elle commence à occuper au cinéma des positions plus centrales, on ne peut que s’en réjouir…
Yves Alion
Film franco-belgo-suisse de Catherine Cosme (2025), avec Vimala Pons, Yoann Zimmer, Guilaine Londez. 1h26.