l'avant scène cinéma

Good Luck, Have Fun, Don’t Die

A peu près sorti des radars après le triomphe mondial des trois Pirates des Caraïbes au début de ce siècle, Gore Verbinski réapparaît avec un film foutraque, produit en Allemagne et tourné en Afrique du Sud. Un budget de 20 millions de dollars mais un bel effet “bricolage” pour ce Retour vers le futur inversé à la mode 2026. Un clochard halluciné évoquant Jeff Lebowski débarque dans un diner de Los Angeles comme Pumpkin et Honey Bunny au début de Pulp Fiction. Il n’a pas l’intention de braquer les clients : il vient recruter des volontaires pour sauver le monde des écrans fatals qui ont produit l’avenir apocalyptique d’où il arrive par des moyens non élucidés. Lâchez vos téléphones, ils vous mènent à l’abîme d’où je viens ! Un enfant fou, quelque part, fabrique l’Intelligence Artificielle Générale et l’équipe de volontaires recrutés pourra peut-être l’arrêter. On rit beaucoup, on jubile devant les effets spéciaux à trois sous, on s’étonne qu’ils produisent de si belles images, on ne se formalise pas du ton de boomer mélancolique et un peu étriqué qu’adopte Verbinski d’un bout à l’autre de son récit, tout en construisant ouvertement son scénario sur les codes du jeu vidéo le plus élémentaire. Aucun faux pas dans cette épopée pessimiste, des avalanches de références cinéphiliques qui aboutissent en fin de projection à une angoisse réelle. Angoisse qui saisit le spectateur qui croyait assister à un réjouissant fantasy film à bon marché et se retrouve à la sortie de la salle à vérifier combien de notifications ont jailli de son smartphone pendant les 134 minutes où il a cru s’amuser. Le combat de “l’homme du futur” n’est pas gagné.

René Marx

Film américano-allemand de Gore Verbinski (2025), avec Sam Rockwell, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz, Juno Temple. 2h14

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