Vie privée

Après la mort soudaine de l’une de ses patientes, une psychiatre hantée par la possibilité qu’il puisse s’agir d’un meurtre déguisé, devient obsessionnelle et embarque son ex-compagnon dans une rocambolesque enquête pour prouver la culpabilité du mari de la défunte. On a l’habitude de voir le cinéma fantasmer sur la figure des psychiatres et psychologues, ces cordonniers si mal chaussés qu’ils sont toujours ceux qui souffrent des plus profondes névroses.
Névroses qui se traduisent immanquablement par des rêves sursignifiants et un comportement borderline vis-à-vis de leurs patients. Rien de nouveau, donc, si ce n’est que Rebecca Zlotowski semble prendre un réel plaisir à mettre en scène ce polar intime fantaisiste dans lequel la comédienne Jodie Foster s’envisage en Katherine Hepburn survoltée et insupportable, surjouant la paranoïa et les complexes irrésolus face à la maternité (les scènes dans lesquelles elle fuit littéralement le bébé de son fils sont il est vrai assez jubilatoires).
Si le scénario part volontairement dans tous les sens, ne nous épargnant pas grand-chose des ressorts traditionnels du thriller, auxquels s’ajoutent ceux du drame familial, de la comédie romantique et de l’essai psychanalytique, on se raccroche donc aux détails, aux moment de pause entre deux filatures ou fouilles de poubelle, aux répliques acides du personnage féminin, et à ce que l’on croit deviner en filigrane de la relation – passée comme future – qui se dessine entre les deux anciens époux.
Marie-Pauline Mollaret
Film français de Rebecca Zlotowski (2025), avec Jodie Foster, Daniel Auteuil, Virginie
Efira, Mathieu Amalric, Vincent Lacoste. 1h45. En salle.