l'avant scène cinéma

Un simple accident

Un simple accident

Un simple accident

Les cinéastes iraniens sont passés maîtres dans l’art de déjouer la censure.

D’où l’institutionnalisation des scènes de voiture qui permettent d’ajouter en post- synchronisation des dialogues de nature à changer du tout au tout la tournure d’un scénario.

Devenu la bête noire du régime avec son compatriote Mohammad Rasoulof, prix spécial du jury l’an dernier pour Les Graines du figuier sauvage, Jafar Panahi a réussi lui aussi à déjouer toutes les interdictions de tourner qui lui ont été infligées.

La Palme d’or qui lui a été décernée cette année à Cannes parachève un palmarès exceptionnel qui comprenait déjà une Caméra d’or, un Lion d’or, un Ours d’or, deux Ours d’argent, un Léopard d’or et un Carrosse d’or.

Il y met en scène la confrontation accidentelle d’un père de famille avec un mécanicien qui croit reconnaître en lui un tortionnaire de la prison d’Evin et va réunir d’autres anciens détenus pour valider sa première impression. De ce postulat dramaturgique puissant, Panahi tire un film qui explore la notion de vérité dans un contexte abrasif et confronte des citoyens ordinaires à la tentation de la vengeance, avec le risque de céder à cette fameuse loi du talion dont eux-mêmes ont été les victimes. Parce qu’il a signé bon nombre d’œuvres mémorables, le plus souvent dans la clandestinité, le réalisateur qui a attiré pas moins de 635 000 spectateurs avec Taxi Téhéran (2015) maîtrise à la perfection l’art délicat de la suggestion.

Reste qu’il signe ici un film assez classique sur les pièges de l’auto-défense dont on pourrait transposer l’intrigue dans n’importe quel contexte.


Jean-Philippe Guerand
Yek tasadof-e sadeh. Film franco-luxembourgo-iranien de Jafar Panahi (2025), avec
Vahid Mobasseri, Maryam Afshari, Ebrahim Azizi, Hadis Pakbaten. 1h42.

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