l'avant scène cinéma

Qui brille au combat

Qui brille au combat

Le passage à la réalisation des comédiens est toujours édifiant quant à leur véritable nature. Dirigée à 20 ans par Mélanie Laurent dans Respire Joséphine Japy rend aujourd’hui la politesse à son aînée en lui confiant un rôle de mère aux prises avec le désordre mental de sa fille cadette dans un premier film profondément autobiographique qui charme par sa pudeur. Atteinte d’un handicap pathologiquement
indéterminé, Bertille (prénom qui signifie étymologiquement “Qui brille au combat”) vit sous la protection rapprochée de ses parents et d’une sœur aînée qui a mûri prématurément. Prétexte à un portrait de famille d’une rare justesse qui confirme la sensibilité extrême de Joséphine Japy sur un registre particulièrement périlleux.

Tout sonne juste dans ce film qui circonscrit la maladie dans le cercle de l’intime où chacun a aménagé son territoire pour concilier son espace vital avec un cadre rassurant de nature à assurer la protection de cette fille “à part” dont les troubles ne sont pas nommés précisément, mais dont les crises atteignent parfois des proportions démesurées. Le point de vue du film a ceci d’unique qu’il décrit une cellule familiale repliée sur elle-même qui s’est adaptée à une différence incompatible avec une vie sociale conventionnelle mais transcendée par la politesse du désespoir. La réalisatrice s’en remet pour cela à un casting impeccable d’où émergent aussi l’acteur québécois Pierre-Yves Cardinal découvert dans le rôle-titre de Simple comme Sylvain et l’éblouissante Sarah Pachoud, celle qui brille au combat, dans une composition d’ores et déjà inoubliable.


Jean-Philippe Guerand
Film français de Joséphine Japy (2025), avec Mélanie Laurent, Pierre-Yves Cardinal, Sarah Pachoud. 1h40.

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