Marty Supreme

Les frères Safdie ont longtemps été associés au générique des films qu’ils réalisaient à quatre yeux. 2025 aura marqué leurs débuts respectifs en solo : Benny avec Smashing Machine consacré à un champion d’arts martiaux mixtes, Josh avec Marty Supreme qui évoque la personnalité d’un as du ping-pong. Dans les années 50, un vendeur de chaussures arrogant et sûr de lui se fait une place
au soleil du tennis de table dominé par les Japonais et entreprend de mettre un terme à l’hégémonie offensante de ce peuple vaincu par les Américains pendant la Seconde Guerre mondiale. Le film est indissociable de Timothée Chalamet, déjà couronné d’un Golden Globe pour ce rôle où il donne toute la mesure de son talent quelques mois seulement après ses prestations remarquables dans Dune et
Un parfait inconnu. Le nouveau petit fiancé de l’Amérique s’avère une fois de plus irrésistible dans la peau de ce sale gosse irritant et hâbleur qui ose tout pour réussir, y compris séduire la femme plus âgée et intouchable que campe Gwyneth Paltrow, même si son personnage ne fait qu’un tour et puis s’en va, comme une vulgaire rustine sur un scénario qui n’en avait pas besoin, tant il manque de cohérence et donne l’impression d’enchaîner les morceaux de bravoure de nature à faire briller son interprète principal. Malgré sa durée complaisante, Marty Supreme remplit sa mission et constitue un écrin de nature à faire briller le joyau Chalamet, même si le ping-pong n’est décidément pas le sport le plus gratifiant à filmer. On en retiendra toutefois la reconstitution soignée de l’envers du fameux rêve américain.
Jean-Philippe Guerand
Film américain de Josh Safdie (2025), avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion. 2h29.