l'avant scène cinéma

Love on trial 

Après avoir découvert La Comédie humaine, Hospitalité, Harmonium , Sayonara, Love LifeSuis-moi je te fuis et Fuis-moi je te suis, le public français est désormais convaincu de la place centrale de Fukada dans le paysage cinématographique contemporain. Né en 1980, admirateur d’Éric Rohmer, élève de Kiyoshi Kurosawa comme son contemporain Ryusuke Hamaguchi, manipulateur, un peu cynique, tour à tour buñuelien et sentimental, Fukada a tout pour plaire. Sens du rythme, humour, élégance. Pour ce onzième long métrage, il attaque un sujet compliqué : la vulgarité marchande des pop stars artificielles, des groupes de filles chantantes jetées en pâture à un public de fanatiques embrigadés. La bulle éclate quand l’une des filles accède à la sincérité, retrouve son individualité perdue et sa capacité de révolte. Le poids de cette vulgarité est tel qu’on est embarrassé par les images même de Fukada quand il s’agit de montrer les filles au travail. On pense à Barbie de Greta Gerwig et on se dit qu’elle tenait mieux, formellement, la mise en scène de l’imbécillité contemporaine. Mais Fukada, intelligemment, casse le rythme, et amène à un film de procès austère, ou tout est “démaquillé”. Cela devient alors très intéressant, aussi sophistiqué que ses films précédents. Erika Karata, la protagoniste en 2018 du magnifique Asako I & II de Ryusuke Hamaguchi contribue brillamment à l’énergie de ce nouveau Fukada.

René Marx

恋愛裁判 Film japonais de Koji Fukada (2025), avec Erika Karata, Kyōko Saitō, Kenjiro Suda. 2h04.

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