Louise

Louise commence par une explosion de violence au sein d’une famille des plus difonctionnelles.
Les deux enfants, deux petites filles voient leurs parents se déchirer, et même davantage… L’ainée, qui n’a que dix ans, s’enfuit… Nous la retrouvons quelques années plus tard, alors qu’elle n’a jamais renoué avec les siens. Elle n’a pourtant pas de désir plus grand que de retrouver sa mère et sa sœur, qui à bon droit, ont fait leur deuil de l’enfant… Le film raconte l’histoire de ces retrouvailles improbables, de ce maelstrom de résilience, de remords et d’espoir, des incroyables manœuvres perpétrées par l’héroïne pour approcher les siens sans les informer sur son identité…
On peut penser qu’exprimé de cette manière, tout cela est un rien tiré par les cheveux. Le récit n’est pas exempt d’invraisemblances… Pourtant on s’en fiche totalement : Louise est un superbe mélodrame comme on n’en fait plus, une résurgence de certains de nos plus beaux souvenirs de cinéma, qui tire des larmes sans jamais forcer la main. Il fallait bien sûr pour que le film marche, que nous marchions, que les trois comédiennes qui prêtent leurs traits à cette famille décomposée soient des Stradivarius,
incapables de la moindre fausse note. Or c’est le cas avec Diane Rouxel, Salomé Dewaels et Cécile de France (cette dernière étant la mère, dont la transformation physique entre les deux époques est assez scotchante). Le film leur doit beaucoup. Et nous aussi.
Yves Alion
Film franco-belge de Nicolas Keitel (2025), avec Diane Rouxel, Cécile de France, Salomé Dewaels. 1h48.