l'avant scène cinéma

Le Son des souvenirs

Le Son des souvenirs

Le succès critique de Vivre ayant définitivement posé sur la scène international le cinéaste sud-africain Olivier Hermanus, il n’est pas étonnant de voir la distribution de son nouveau film aligner deux stars en pleine ascension, Paul Mescal et Josh O’Connor. Les deux comédiens se mettent au service d’un récit
qui peut franchement rappeler Brokeback Mountain : histoire d’amour interdite en ces années, pesée du conformisme ambiant, regrets et poids du temps qui passe, disparition et deuil, une bonne partie des éléments du premier se retrouvent dans le second. Mais cette fois, le cadre n’est pas celui des cow-boys.


Nous sommes ici dans un univers plus spécifique, celui de spécialistes des chansons populaires, des chercheurs universitaires et musiciens à la fois, qui partent enregistrer des chansons oubliées au fin fond de la campagne américaine, dans les années 1920. Les enregistrements de ces morceaux presque disparus dessinent un miroir évident avec la passion des deux protagonistes, passion bientôt uniquement réduite à un souvenir aussi fugace que celui de la musique oubliée. Dès lors le lien entre les deux thèmes apparait clairement ; comment retenir ce qui a disparu, comment en préserver ne serait-ce qu’une partie, comment conserver un sentiment, une mélodie, que l’on ne peut presque
plus entendre. Ce joli principe s’accommode d’un film aux tons presque chromos, ou tout, même le présent de la passion amoureuse, semble crouler sous le poids d’un passé et d’une nostalgie élégiaque. C’est la cohérence et la faiblesse de l’œuvre, qui peine parfois à faire exister cet amour censé hanter son protagoniste, et ne dépeint effectivement que les souvenirs.

Pierre-Simon Gutman
The History of sound. Film américain d’Olivier Hermanus (2025), avec Paul Mescal, Josh O’Connor, Chris Cooper. 2h09.

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