Le Retour du projectionniste

Un cinéaste azerbaïdjanais qui tourne un film dans les montagnes Talyches, tout près de l’Iran, nous n’y sommes pas tout à fait habitués et la France peut s’enorgueillir de promouvoir partout le travail de réalisateurs venus de loin.
Surtout quand s’agit d’un premier long métrage, prenant et sensible. Voilà un vieil homme qui fut le projectionniste du cinéma de son village au temps où il y en avait un. A l’époque lointaine, soviétique. Il a conservé son matériel, croise un très jeune homme épris d’animation, désireux de créer ses propres films. À eux deux ils vont organiser une séance. Où trouver cet objet improbable : des bobines de pellicule ? Ils trouvent une vieille comédie musicale indienne, en mauvais état, doivent convaincre les anciens qu’il ne s’y trouve pas de passage “inconvenant”, et persuader les villageois de retrouver ce vieux réflexe oublié : se réunir devant un grand écran. L’histoire est si bien menée par Orkhan
Aghazadeh qu’on ne se rend pas compte facilement qu’il ne s’agit pas d’une fiction, mais d’un documentaire relatant des faits tout à fait authentiques, touchants, de personnages montrant à l’écran leur passion intacte, emmenant comme ils peuvent leurs voisins et congénères sur la voie d’un divertissement qu’ils croyaient révolu. Le cinéma était mort ? Il ressuscite dans les montagnes
qui surplombent la mer Caspienne.
René Marx
Film franco-allemand d’Orkhan Aghazadeh (2024), avec Samidullah Idrisov et Ayaz Khaligov. 1h20.