l'avant scène cinéma

L’Ame idéale

L’Ame idéale

Devenue une véritable vache à lait du cinéma commercial, la comédie sentimentale ne réussit vraiment à séduire que quand elle respecte certaines règles mais refuse de se plier aux conventions. Elsa est une célibataire qui s’assume. Une quadragénaire qui ne semble pas avoir trouvé l’âme sœur et s’en contente. À cette nuance près que cette situation est moins la conséquence d’un choix que d’une fatalité qui s’avère parfois difficile à assumer dans un monde où la tentation de séduire et d’être charmé est plus présente que jamais. Alors le soir où elle rencontre Oscar, un type charmant et attentionné, ses certitudes commencent à basculer et elle entrevoit les possibilités d’une nouvelle vie… à deux. L’Ame idéale renoue avec la veine fantastique de certaines perles vintage comme Le ciel peut attendre (1943) d’Ernst Lubitsch, Une question de vie ou de mort (1946) de Michael Powell et Emeric Pressburger ou Ghost (1990) de Jerry
Zucker, en s’attachant à une romance impossible sur laquelle plane une menace occulte.


Un sujet particulièrement audacieux qu’Alice Vial aborde sans tricher avec les contraintes qu’elle s’impose. Elle invente pour cela un couple aussi attachant que singulier où la Québécoise Magalie Lépine Blondeau, révélée en adepte des amours ancillaires dans Simple comme Sylvain, impose sa maturité réjouissante face à un Jonathan Lambert surprenant de vulnérabilité dans un contre-emploi parfait qui confirme son évolution remarquable amorcée dans Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan. Jamais tout à fait où on l’attend, cette bluette distille un bonheur rare en très bonne compagnie.


Jean-Philippe Guerand
Film français d’Alice Vial (2025), avec Magalie Lépine Blondeau, Jonathan Cohen,
Florence Janas 1h38.

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