l'avant scène cinéma

La Traque de Meral

La Traque de Meral

Ce drame venu des Pays-Bas a des saveurs loachiennes que vont apprécier ceux pour qui le cinéma doit être une loupe pour observer (et dénoncer dans la foulée) tout dysfonctionnement de nos sociétés. Celui de La Traque de Méral est exemplaire, qui met en lumière la galère sans fin d’une femme néerlandaise mais d’origine turque, divorcée avec deux petites filles. Une galère renforcée par la répression aveugle d’une administration qui a pour ambition de se faire rembourser une bonne partie des aides sociales dispensées au cours des années précédentes. Ce qui est tout bonnement impossible à ceux qui tirent le diable par la queue. Très souvent des immigrés… Pour en revenir à Loach, difficile de ne pas penser à Ladybird ladybird, quand une femme se voyait confisquer ses enfants par une administration qui se voulait protectrice. Mais entre les bonnes intentions qui tombent à plat et le cynisme le plus complet, la marge est parfois étroite. Le film n’est ni manichéen ni caricatural : Meral n’est pas de celles qui baissent les bras à la première occasion et les agents de l’administration qui lui cherchent des noises ne sont pas tous des abrutis. Le film fait naturellement preuve d’humanité et incite ses spectateurs à faire de même… Mais le système est pourri. Au
moment du générique final nous apprenons que c’est sous le règne du Premier ministre Mark Rutte que cette inhumanité à pu voir le jour, ce qui a d’ailleurs provoqué la chute du gouvernement. Rutte s’est depuis lors recyclé comme secrétaire général de l’OTA N.
C’est lui qui appelle Trump « Daddy ». Comme quoi on a beaucoup exagéré en épinglant son manque d’élan familial.

Yves Alion
De jacht op Meral Ö. Film néerlandais de Stijn Bouma (2024), avec Dilan Yurdakul, Gijs Naber, Raymond Thiry. 1h31.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut