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Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2

Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2

L’histoire officielle relève parfois de la légende. Surtout dans un pays de pionniers comme les États-Unis dont on fêtera cette année les deux siècles et demi d’existence. Cette jeunesse a engendré un complexe collectif au pays de l’Oncle Sam qui a ainsi forgé son propre passé, afin d’en éliminer les zones d’ombre au profit d’exploits parfois inventés. Un homme intègre s’est efforcé de lutter contre cette pratique fâcheuse dans un livre majeur, Une histoire populaire des États-Unis (Agone, 2003). C’est le regretté Howard Zinn (1922- 2010) que le journaliste Daniel Mermet a reçu en 2003 dans son émission de France Inter, Là-bas si j’y suis et qu’il a longuement interviewé avec Olivier Azam quatre ans plus tard à Boston. Les deux compères lui ont consacré un premier documentaire intitulé Howard Zinn, une histoire populaire américaine (2015) auquel vient s’ajouter aujourd’hui un deuxième opus (suivi d’un dernier en 2027) qui trouve sa justification dans le dénigrement en règle auquel s’est livré Donald J. Trump contre cet ouvrage vendu à 2,6 million d’exemplaires aux États-Unis depuis sa publication, quarante ans plus tôt : « Nos enfants sont instruits à partir des tracts de propagande comme celle de Howard Zinn qui tentent de faire honte aux étudiants de leur propre histoire. » L’intéressé démontre surtout à travers ses recherches à quel point l’histoire américaine a été réécrite
pour en gommer les minorités, qu’il s’agisse des Amérindiens, des esclaves et leurs descendants, des ouvriers, des migrants, des syndicalistes et même… des femmes. Devenu activiste, il milite contre des guerres qu’il qualifie d’impérialistes, du Vietnam à l’Afghanistan en passant par l’Irak. Et surtout, il remet en cause des mythes et des mythologies comme Christophe Colomb, Thanksgiving, la crise de 29, Sacco et Vanzetti, le New Deal, Henry Ford, la guerre d’Espagne et l’entrée en guerre des États-Unis. Malgré une narration parfois brouillonne, sa parole s’avère d’une grande limpidité et d’une persuasion qui explique qu’il soit devenu pacifiste après avoir contribué au bombardement de
Royan à la fin de la Seconde Guerre mondiale, que le FBI l’ait surveillé pendant la Chasse aux sorcières et qu’il ait soutenu le mouvement pour les droits civiques.
Ce film débordant de poil à gratter tombe à pic. Il ne faut surtout pas passer à côté.


Jean-Philippe Guerand
Film documentaire français d’Olivier Azam et Daniel Mermet (2025), avec Howard Zinn, Chenea Bullock, Noam Chomsky. 1h52.

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