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Dites-lui que je l’aime

Dites-lui que je l’aime

La disparition à 33 ans, en 1985, de Dominique Laffin est un événement dont le cinéma français porte encore le deuil, comme pour Pascale Ogier ou Patrick Dewaere. Le témoignage de sa fille, la femme politique Clémentine Autain, dans le livre de 2019 dont ce film est une adaptation, était un témoignage intense sur le deuil d’une enfant orpheline à 12 ans. Orpheline d’une mère fragile, alcoolique, tendre et “indigne”. C’était, comme ce beau film, le récit d’une réconciliation au- delà de la mort. La cinéaste, ayant vécu une expérience analogue avec sa propre mère, tenta de faire jouer le rôle de Clémentine Autain à plusieurs actrices françaises. Et croisa les deux récits personnels. Finalement, Clémentine Autain joue le rôle de Clémentine Autain.

Le film est extrêmement émouvant, reprend l’histoire de deux blessures secrètes. Pas toujours réussi sur le plan du rythme, il accroche de toute façon le spectateur, pris entre sa mémoire du cinéma français (intervention bien sûr de Richard Bohringer) et sa propre sensibilité quant au rapport au passé et à la filiation. Le retour aux photos, aux bouts de films, aux témoignages tardifs, est devenu un véritable genre du cinéma français (Carré 35, Reste un peu, Retour à Reims, Et j’aime à la fureur, Le Garçon) et donne de grands moments qui se répondent et fabriquent peu à peu l’histoire intime d’un pays. 


René Marx
Film français de Romane Bohringer (2025), avec Romane Bohringer. Clémentine Autain, Eva Yelmani, Liliane Sarrey-Baud, Raoul Rebbot-Bohringer, Josiane Stoleru. 1h32.

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