Chien 51

On ne peut pas dire que la SF soit un genre souvent visité par le cinéma français.
Probablement autant par tempérament que pour des raisons financières.
Pourtant l’imaginaire des cinéastes quand il se débride ne les conduit pas nécessairement à faire volte face. Même s’il s’agit d’une adaptation, il y a évidemment beaucoup de Truffaut dans Fahrenheit 451.
Et de la même manière il n’est pas difficile de reconnaître la patte et l’univers de Cédric Jimenez dans sa flamboyante dystopie.
Chien 51 est même d’une certaine manière comme une synthèse autant qu’un aboutissement, de tout son travail.
Le biopic annoncé de Johnny Hallyday, son prochain film sera-t-il une parenthèse ou l’occasion d’un changement de cap ?
En attendant Chien 51 nous rappelle que le cinéaste avait pointé le pouvoir effrayant des caméras de surveillance dès son premier film, Aux yeux de tous.
Qu’il avait clairement posé la question du terrorisme lorsqu’il se déchaine contre
le pouvoir en place .
Evidemment de façon détestable s’agissant des fanatiques islamistes de Novembre.
Et bien sûr avec un objectif plus glorieux quand on parle des résistants qui ont réussi à assassiner Heydrich, le plus timbré des dignitaires nazis, à Prague pendant la dernière guerre .
Le partage de la ville entre zones d’exclusion sociale n’était-elle pas déjà présente dans Bac Nord ? Tout comme le désarroi des flics, partagés entre leur conscience, leurs intérêts immédiats, le besoin d’être un peu efficaces face au crime (un sujet que La French avait développé en amont) …
La cohérence de son propos, de son univers esthétique, sans doute même de sa mise en scène montrent de toute évidence que Cédric Jimenez est un auteur.
Qui plus est sur un créneau où l’on ne se presse pas en France. Il ne nous en est que plus cher…
Yves Alion
Film français de Cédric Jimenez (2025), avec Gilles Lellouche, Adèle
Exarchopoulos, Louis Garrel, Romain Duris. 1h40.