Baise-en-ville

C’est l’histoire d’un Tanguy qui ne décolle pas ses fesses de chez ses parents, qui commencent à trouver que ça suffit et menacent de le ficher dehors. Mais pour se loger il faut du fric, et pour en gagner il faut bosser, ce qui implique d’avoir une voiture. Or pour passer son permis il faut de l’argent… Le point de départ est à l’image du film : simpliste mais absurde, absurde mais simpliste. Et Martin
Jauvat, qui signe ici son second film et en incarne le héros ne se fait pas prier pour porter au pinacle ces deux vertus (que l’on ne remettra pas en question).
Baise-en-ville est en tous cas hors cadre, et c’est tant mieux. Totalement foutraque, jonglant avec les gags les plus improbables et les personnages les plus déjantés, le film renoue avec un burlesque qui a jadis inondé le cinéma muet et qui ne réapparaît dans les salles que très furtivement. Dans le sublime La Fille du 14 juillet par exemple (signé Antonin Peretjatko). Malgré le caractère au départ débonnaire et un rien glandu du personnage principal, le film fonce dans toutes les directions, s’égarant parfois, mais fourmillant néanmoins de trouvailles.
Comme cette société spécialisée dans les nettoyages de teufs ayant un peu dégénéré. Certaines embardées évoquent l’épilogue foldingue de La Party, de Blake Edwards. Sans en atteindre les sommets bien sûr, mais cela reste un compliment. Mille bravos pour finir à Emmanuelle Bercot, monitrice d’auto-école à la libido perturbée, qui s’est forgé un personnage aux petits oignons. La
réalisatrice de Elle s’en va est décidemment remarquable des deux côtés de la caméra…
Yves Alion
Film français de Martin Jauvat (2025), avec Martin Jauvat, Emmanuelle Bercot, William Lebghil. 1h34.