l'avant scène cinéma

Leviticus

La promotion presse de ce premier long métrage australien trompette haut et fort son statut de nouvel Obsession, ce que l’on peut comprendre vu le succès critique et commercial hors norme de ce dernier. Et, en effet, le mélange entre horreur et problèmes sentimentaux est présent mais, en regardant bien, c’est à un autre classique récent de l’épouvante que se réfère Leviticus, le It Follows de Robert Mitchell.  On y retrouve en effet la même crainte d’une entité s’incarnant sous une forme humaine, suivant obsessionnellement sa victime. Par ailleurs, le sexe et ses interdits est là aussi à la base de la malédiction. En l’occurrence, c’est une sorte de purification pour les jeunes hommes aux penchants homosexuels dont il s’agit ici, le rituel s’incarnant finalement sous la forme d’un avatar violent et sans pitié de l’être désiré. Sous cet angle, le film respecte à peu près tous les marqueurs du film d’horreur contemporain : un sujet engagé, une vision ouverte de la société, une menace horrifique qui agit en tant que métaphore de ses aspects le plus réactionnaires, et un pont évident avec le film d’auteur, montrant à quel point ce genre est désormais loin de ses racines subversives. Leviticus est, sous cet angle, maitrisé et à la hauteur de sa rumeur. Le héros est touchant, la description glaçante d’une petite communauté de l’Australie profonde est effective, les plans opposant efficacement la romance émergente et chaleureuse entre les protagonistes à ceux gris et froids des paysages les encerclant. Mais il subsiste un manque, une folie qui rendrait l’œuvre, un peu programmatique et dans les clous, plus tranchante. L’horreur est respectable désormais, elle l’est ici un peu trop.

Pierre-Simon Gutman

Film australien d’Adrian Chiarella (2026), avec Joe Bird, Stacy Clausen, Mia Wasikowska. 1h28. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut