l'avant scène cinéma

Cosmos

Aujourd’hui, alors que tout va très vite, que les hommes sont déconnectés les uns des autres, de la nature, de leur propre nature, Cosmos est une invitation à respirer, à prendre le temps. Leon, un paysan maya, se retrouve en difficulté alors que les riches du coin décident de raser sa maison pour y construire une route. Il fait la connaissance de Léna, une intellectuelle venue de Mexico. Gravement malade, elle doit faire face à sa mort imminente et se retrouve comme figée. Leurs destins vont se croiser et là où rien ne semblait les relier, une connexion profonde s’établit entre eux, les amenant à cheminer quelque temps côte à côte. Germinal Roaux a longuement mûri et travaillé ce projet. Agissant comme un catalyseur d’une angoisse existentielle, Cosmos est avant tout un film qui prend le temps. Le temps d’observer le monde, de respirer, de se reconnecter à la nature : le chant d’un oiseau, le vent dans les arbres. Le temps s’étire dans une contemplation de la vie qui poursuit son cours, imperturbable. Le duo d’acteurs impressionne par sa justesse. Plus qu’un jeu, c’est une présence qui se déploie à l’écran. Entre eux, peu de mots, mais une écoute, une attention à l’autre qui passe par les gestes, les silences, les regards. Leur relation ne se construit pas dans le dialogue, mais dans une forme de proximité fragile, presque instinctive. Chacun avance avec sa propre blessure, l’un arraché à sa terre, l’autre à son propre corps ; et c’est peut-être dans cet écart que naît leur lien. Le film nous invite ainsi à savourer chaque seconde qui s’écoule, à ralentir, à réapprendre à regarder. Cosmos ne propose ni réconciliation ni réponse, seulement la possibilité d’un instant partagé, suspendu, au cœur d’un monde qui, lui, continue de se transformer.

Myriam Burloux

Film helvético-franco-mexicain de Germinal Roaux (2024), avec Ángela Molina, Andrés Catzín, Marvo Treviño. 2h30

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