l'avant scène cinéma

Vivaldi et moi 

Malgré son titre français qui semble désigner ce film comme un biopic, il s’agit là d’une formule qui relève du pur marketing. Son point de vue est en fait celui d’une jeune violoniste recluse dans l’hospice où officie comme maître de musique Antonio Vivaldi, personnalité charismatique qui la fascine comme ses compagnes par son charisme autant que par son talent. Loin des conventions du biopic traditionnel, ce film italien tout en retenue évoque le futur compositeur des Quatre saisons, violoniste virtuose confronté à des responsabilités artistiques majeures au sein de l’Ospedale della Pietà à Venise, orphelinat et conservatoire de musique de haut niveau qui recueille des jeunes filles amenées à se produire pour de riches mécènes de cette institution. Tout l’intérêt du film réside dans le fait que Vivaldi en est l’objet davantage que le sujet et que le réalisateur choisit de le décrire comme une sorte de rock star avant l’heure, véritable coq dans un poulailler peuplé de donzelles dont le destin semble conditionné par leur statut de pupilles. Loin de jouer des anachronismes, le film revendique une rigueur historique intéressante en se concentrant sur une période de l’existence de Vivaldi que reflète le titre italien, Primavera (Printemps), qu’on peut interpréter à la fois comme l’antichambre de la gloire et la première des “Quatre saisons”, véritable tube de la musique baroque sur laquelle la bande originale fait habilement l’impasse, témoignant ainsi de sa détermination à montrer une facette du personnage plus méconnue. Avec aux commandes un metteur en scène d’opéra de renom.

Jean-Philippe Guerand

Primavera. Film italo-français de Damiano Michieletto (2025), avec Tecla Insolia, Michele Riondino, Fabrizia Sacchi, Andrea Pennacchi. 1h51.

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