A rencontrer Bérangère McNeese, la première réaction est de se dire qu’elle aurait été parfaitement à sa place dans son film, au milieu des filles qui forment une sororité fragile mais aimante. La même allure juvénile, le même enthousiasme sans filtre. Et puis on réalise que si son empathie pour ses personnages est entière, elle est loin de vivre quant à elle comme un moineau sur sa branche, sa filmo l’atteste. Qui d’ores et déjà a des rondeurs que d’aucuns peuvent lui envier. Bérangère McNeese est effet comédienne, ce qui manifestement lui assure une proximité avec ses interprètes qui se voit au premier coup d’œil. On a pu la remarquer devant la caméra dans nombre de films ou de séries avant qu’elle ne franchisse le pas de la réalisation. Plusieurs courts métrages au compteur, dont le dernier, Matriochkas (avec Héloïse Volle, que l’on retrouve dans Les Filles du ciel), a parcouru la planète… Et ce premier long. A vivre l’espace de 90 minutes avec ces quatre jeunes femmes en galère, on ne peut que saluer la sensibilité de la cinéaste, qui parvient à la perfection à trouver un juste équilibre entre le constat social (pas désespérant, mais quand même piquant) et la nécessité de coller au plus près de personnages touchants mais jamais mièvres. Comme notre autrice vient de Belgique, difficile à ne pas penser aux frères Dardenne : c’est le même constat quant aux arêtes vives d’un monde qui ne fait pas toujours de cadeau, mais la même générosité infinie pour ses personnages. Nous ne pouvons qu’applaudir des deux mains.
Yves Alion