l'avant scène cinéma

Ma frère

Ma frère

Avec Ma frère, Romane Guéret et Lise Akoka poursuivent la vision naturaliste exprimée dans leur premier long métrage, Les Pires. Dans des contextes très différents les deux films ont en effet en commun de s’intéresser aux plus démunis pour nous laisser découvrir peu à peu que leur cœur est une mine d’or.


D’une générosité et d’une énergie qui n’ont d’égales que leur rugosité apparente, les deux films s’ancrent dans un quotidien précis pour mieux laisser émerger une expérience collective, fragile et profondément humaine. Dans Ma frère, Shaï et Djeneba traînent avec leurs amis dans leur quartier lorsqu’elles acceptent un travail d’animatrices dans une colonie de vacances. Dès leur arrivée, le décalage est évident : ni tout à fait prêtes, ni réellement sûres d’elles, elles avancent à tâtons, encombrées par des histoires personnelles qui les rattrapent sans cesse.


Le film trouve sa justesse dans cette hésitation même. Les réalisatrices filment adultes et enfants sur un même plan, traversés par des désirs similaires : être aimés, compris, et parfois laissés tranquilles. Alors que leurs langages mêmes sont similaires, les conflits ne sont jamais soulignés, les enjeux jamais surlignés.


Tout passe par des échanges simples, des maladresses, des silences partagés.
Plutôt que de défendre des idées, Ma frère montre des personnages qui ont des idées de ces idées, et qui cherchent leurs mots, leur place, leur manière d’être ensemble. Cette attention constante aux individus, débarrassée de tout jugement, fait du film un récit collectif où chacun apprend, doucement, à prendre soin des autres comme de soi-même.

Carl Arnaud
Film français de Romane Guéret et Lise Akoka avec Fanta Kebe, Shirel Nataf, Amel Bent, Idir Azougli. 1h52.

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