La Pire Mère au monde

La comédie policière ou polar désopilant ne date pas d’aujourd’hui. Il suffit de revoir Drôle de drame (de Carné) ou la moitié des films de Georges Lautner (à commencer par Les Tontons flingueurs) pour s’en persuader. Reste que les proportions de la recette ne sont pas toujours les mêmes. Avec La Pire Mère du monde, les raisons de s’esclaffer sont sans doute plus nombreuses que celles de trembler. Le film met en scène deux femmes mêlées à une enquête policière plutôt glauque, à laquelle nous ne croyons pas vraiment, second degré oblige. Ces deux femmes sont intimes, la première, substitut du procureur, récemment mutée dans un trou perdu étant la fille de la seconde, greffière de son état (et ainsi sous ses ordres).
Or l’état de leurs relations est exécrable, pour rester poli. Le cadre en vaut un autre… La réussite du film dépend du talent des deux comédiennes (Louise Bourgoin et Muriel Robin sont aux petits oignons) et du traitement de l’intrigue. Pierre Mazingarbe vient de la BD, nul n’est donc étonné de le voir lorgner vers le cartoon, avec bien entendu une bonne dose d’humour noir. D’aucuns évoqueront Albert Dupontel, et ils n’auront pas tort. C’est le même esprit d’affreux jojo, le même sens de l’absurde, le même rythme effréné. Avec sans doute un poil d’inspiration en moins… Mais c’est un premier film, nous attendons le suivant…
Yves Alion
Film français de Pierre Mazingarbe (2025), avec Louise Bourgoin, Muriel
Robin, Florence Loiret Caille. 1h25.