Avatar : de feu et de cendre

Nous le croyions impensable, et pourtant ce troisième opus le montre : James Cameron nous a déçus. Jamais nous n’avions imaginé que le grand cinéaste orienterait sa saga vers du déjà-vu, ce qui, hélas, se produit ici. C’est d’autant plus décevant que les deux premières heures de cet épisode sont bien tenues. Comme celui d’avant, l’auteur étend son univers, introduit de nouvelles créatures et multiplie les intrigues captivantes. Tout est là et semble en place. Pointe toutefois ce qui se révélera donner au film son statut mineur. Les enjeux ne se renouvellent pas beaucoup : cette lutte entre Quaritch et Jake
Sully s’éternise et tire à la ligne. Les relances de l’intrigue sont de plus en plus artificielles et en amenuisent l’intérêt.
Le sommet est atteint à l’amorce du troisième acte, où est greffé un personnage sorti de nulle part pour disparaître de façon tout aussi arbitraire, uniquement pour donner un prétexte à de nouvelles aventures de moins en moins justifiées. À partir de là, et c’est ce qui déçoit le plus, les péripéties rejouent les acmés des deux volets initiaux.
En les combinant, plus rien d’original n’advient,
l’épopée s’orientant vers la redite, peinant à se réinventer. Les défauts ne s’arrêtent malheureusement pas là. Beaucoup de plans sont saccadés, sans le souci de finition auquel nous étions habitués. Et la figuration d’Eywa évoque sans surprise le fœtus de 2001.
L’épilogue, expédié, fini de convaincre qu’il s’agit d’un chapitre de transition qui n’était pas si nécessaire, car s’épuisant à raconter une histoire qui ne fait plus que du surplace. Espérons de tout cœur que la suite redonnera ses lettres de noblesse à cette série qui était passionnante jusqu’alors.
Tancrède Delvolvé
Avatar : Fire and Ash. Film américain de James Cameron avec Sam Worthington, Zoë
Saldaña, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Kate Winslet. 3h17.