Le Secret des mésanges

L’été, un petit hameau en pleine nature, un trésor à découvrir et un lourd secret de famille à élucider : sur le papier, le premier long métrage en solo d’Antoine Lanciaux réunit les ingrédients classiques mais efficaces du film d’aventures estival.
Lucie, la jeune héroïne, passe ses vacances dans le village d’enfance de sa mère – qui y mène des fouilles archéologiques importantes – et se lie d’amitié avec Yann, leur voisin. Accompagnés par un bestiaire assez charmant (un blaireau, une oie, des mésanges et un gros chien), les deux enfants arpentent les sentiers et les sous-bois, en vivant des aventures à leur hauteur, que le scénario ne cherche jamais à surcharger.
Car à rebours d’un certain cinéma attaché à créer du suspense et multiplier les rebondissements, Le Secret des mésanges privilégie une approche plus sensitive qui fait naître la poésie et le romanesque des situations les plus quotidiennes. Dans ce conte joyeux et plein de fantaisie, tout est prétexte à sourire, mais aussi à s’émerveiller.
D’autant que la technique utilisée, celle de l’animation de “papiers découpés” (des pantins créés en papier, carton ou tissu, qui sont animés sur des décors eux-mêmes constitués dans ces matériaux) apporte un rendu délicat qui a quelque chose à voir avec les souvenirs d’enfance, et avec la capacité à transcender le réel. Nous voilà donc embarqués dans l’univers doux et intimiste d’Antoine Lanciaux, qui s’inspire de sa propre histoire pour parler avec tact et intelligence des liens familiaux parfois brisés ou
impossibles, et de la quête des origines.
Marie-Pauline Mollaret
Film d’animation français d’Antoine Lanciaux (2025), avec les voix de Lucie Leontiadis, Anton Souverbie-Giorgis, Marina Le Guennec. 1h17