l'avant scène cinéma

L’Homme qui rétrécit

L’Homme qui rétrécit

Pourquoi ? C’est la seule question que l’on se pose au sortir de cette nouvelle adaptation du roman de Richard Matheson. À quoi bon faire un film aussi fade, soixante-huit ans après la merveilleuse version de Jack Arnold ? Que l’on aime ou pas la griffe de Jan Kounen, force est d’admettre qu’il a fait montre d’un certain sens visuel dans ses trois premiers longs métrages.

Après une comédie poussive, Mon cousin, on ne retrouve guère son inventivité ici. Rien ne semble l’inspirer dans cette histoire dont le postulat semblait pourtant lui convenir : les espaces domestiques familiers redimensionnés en grande taille lui offraient un beau terrain de jeu.

Et l’avancée technologique, à laquelle il a toujours été à l’affût, ouvrait de nouvelles perspectives au jeu d’échelles du film original — il est à ce titre étonnant que le film n’ait pas été tourné en 3D. Las ! Désinvesti, le réalisateur n’ajoute rien de significatif à la série B de 1957. L’intrigue reste identique à la nette différence que les péripéties (lutte avec une araignée, rencontre avec une tapette à souris, attaque d’un chat…) s’y succèdent de façon mécanique et ennuyeuse.

La méditation sur la place de l’homme dans le cosmos, à la naïveté charmante dans l’œuvre originale, est hélas ici totalement éteinte. En lieu et place d’une réinvention, on assiste qu’à une terne attraction du Futuroscope. Un homme à la hauteur rapetissait déjà Jean Dujardin en 2016 pour une comédie sans éclat. À croire que cet effet spécial porte malheur à l’acteur.

Tancrède Delvolvé
Film français de Jan Kounen (2025), avec Jean Dujardin, Marie-Josée Croze, Daphné Richard, Serge Swysen et Salim Talbi. 1h40.

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