l'avant scène cinéma

La Disparition de Josef Mengele

La Disparition de Josef Mengele

Comme bon nombre de dignitaires nazis, Josef Mengele a profité à la fin de la Seconde Guerre mondiale de complicités qui lui ont permis de se réfugier en Amérique latine. Célèbre pour les expériences qu’il a pratiquées sur les déportés, le médecin d’Auschwitz a ainsi échappé à ceux qui le traquaient et a même réussi à revenir dans sa famille en Allemagne.

Olivier Guez a reconstitué cet itinéraire dans un livre couronné du prix Renaudot en 2017. Le cinéaste russe en exil Kirill Serebrennikov en tire aujourd’hui une adaptation clinique qui affirme ses partis- pris dont un usage de la couleur limité à quelques flashes évoquant son passé criminel dans des pseudo-films amateurs témoignant de l’horreur absolue de ses expérimentations chirurgico-génétiques et du narcissisme de cet émule du docteur Frankenstein.

Le réalisateur n’est jamais dupe de son sujet et même s’il suit à la trace Mengele et son interprète August Diehl, à l’exact opposé de son rôle de pacifiste dans Une vie cachée de Terrence Malick, c’est pour montrer un pantin diabolique jusqu’au grotesque qui vieillit dans le culte du nazisme, résiste aux exhortations désespérées de son propre fils et reste droit dans ses bottes jusqu’à son dernier souffle. Le film souligne sans complaisance l’impunité dont ont joui ces bourreaux en perpétuant le culte d’Hitler au cours de raouts spectaculaires en uniforme, avec une croix gammée en guise de décoration. Aussi pénible puisse-t-il être, ce voyage au bout de l’enfer est nécessaire.

Jean-Philippe Guerand
Das Verschwinden des Josef Mengele Film franco-russo-mexico-allemand de Kirill Serebrennikov, avec August Diehl, Dana Herfuth, Burghart Klaußner. 2h15

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