l'avant scène cinéma

Lumière pâle sur les collines

Lumière pâle sur les collines

Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature en 2017, a écrit Les Vestiges du jour,
roman adapté par James Ivory en 1993.

C’est à présent son premier livre (1982) qu’adapte Kei Ishikawa. L’écrivain est aussi le producteur délégué du film.

On connaît en France ce réalisateur pour son très beau A Man. Ce film labyrinthique,
comme celui de 2025, posait une question hitchcockienne : qui est véritablement
la personne qui partage votre vie ?

L’identité floue d’un conjoint entraîne forcément des formes particulières de récit, une manipulation du temps et des points de vue. Cette question de l’identité est traitée à nouveau par Ishikawa en la reliant encore à la question de la filiation et à celle de la prétendue “pureté” de telle ou telle “race”.

Le cinéaste et le romancier se rejoignent dans des préoccupations communes. Ishiguro, né à Nagasaki, est venu très jeune avec sa famille en Angleterre, comme l’héroïne du film. Celle-ci est confrontée à une mère taciturne à qui elle espère arracher des vérités sur son passé.

Le père,décédé, était un soldat anglais. Une sœur morte, née d’un premier mariage, obsède les rapports de la mère et de la fille.

Dissimulation, culpabilité, place des femmes, traumatisme de la bombe d’août 1945 : les allers-retours entre le Nagasaki d’après-guerre et la campagne anglaise étrangement pacifique des années 80 construisent un film parfois difficile à suivre mais particulièrement troublant.


René Marx
Tōi Yama-nami No Hikari. Film anglo-japonais de Kei Ishikawa (2025), avec Suzu
Hirose et Fumi Nikaidō. 1h27.

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