l'avant scène cinéma

The Chronology of water

The Chronology of water

Il est des films qui nous procurent du plaisir le temps de la projection et que nous oublions cinq minutes après avoir quitté la salle. Et il en est d’autres à l’inverse qui nous mettent mal à l’aise, qui même nous font un peu souffrir et auxquels nous pensons bien longtemps après les avoir vus.

C’est le cas de Chronology of Water (« Chronologie de l’eau », on sent dès la lecture du titre que nous n’allons pas être dans nos marques habituelles).

Le portrait (le film est adapté d’un roman autobiographique de Lidia Yuknavitch) d’une jeune femme élevée dans un environnement toxique, qui au prix d’une lutte qui ne la laissera pas indemne, parviendra à trouver un peu de paix dans la littérature.

Le personnage fait souvent penser à une autre héroïne aux nerfs à vif, également tentée par l’écriture, Janet Frame, dont Jane Campion s’est fait la porte-parole dans Un ange à ma table.

Les deux films ont également en commun d’avoir veillé à accorder la forme et le fond. Les scènes sont heurtées, les rythmes fluctuants, les personnages ne cherchent pas une seconde à être des gravures de mode.
Chronology of water est un film punk. D’où l’inconfort dont nous parlions plus haut, mais qui est aussi un gage de sincérité. On sent que la réalisatrice s’est investie corps et âme, qu’elle s’est projetée sans filet dans la peau de son héroïne, toujours sur le point de chavirer.

La réalisatrice ? C’est Kristen Stewart, pour la première fois derrière la caméra. Qui fait une entrée en fanfare dans le métier et prouve que l’âpreté qu’elle a souvent mis dans ses personnages devant la caméra n’était pas le moins du monde le fruit d’une posture.


Yves Alion
Film américano-franco-letton de Kristen Stewart (2025), avec Imogen Poots,
Thora Birch, Kim Gordon. 2h08.

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